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Blog·6 min de lecture·Cepaos

Arrachage des vignes 2026–2027 : aides et démarches

OAS modifiée, plafond 30 000 CHF/exploitation, interdiction de replanter 10 ans : tout ce qu'un domaine suisse doit savoir avant la campagne 2027.

La viticulture suisse traverse une période de turbulences profondes. Entre la baisse de la consommation nationale de vin, les stocks qui peinent à se résorber et une concurrence étrangère accrue, de nombreux domaines se retrouvent face à des choix stratégiques difficiles. Dans ce contexte, le programme fédéral d'aide à l'arrachage volontaire des vignes constitue l'une des rares réponses structurelles disponibles dès maintenant.

Pourquoi la viticulture suisse est-elle en crise ?

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La consommation nationale de vin a reculé de 8 % en 2024, et la consommation de vins suisses a chuté encore plus fortement, de 16 % [1]. La part de marché des vins suisses correspondait à 35,5 % en 2024, soit une baisse de 3,4 points [1]. Les stocks restent élevés malgré une vendange plus faible liée aux conditions météorologiques. Les importations à bas prix et l'évolution des habitudes de consommation accentuent les difficultés économiques des producteurs.

Face à cette situation, le Parlement a débloqué des aides financières et le Conseil fédéral a mis en place des adaptations législatives d'urgence, dont la modification de l'Ordonnance fédérale sur les améliorations structurelles dans l'agriculture (OAS).

Du côté vaudois, le Conseil d'État a adopté le 18 mars 2026 un moratoire sur l'admission de plantations de nouvelles vignes pour une durée de trois ans, dans le cadre du plan d'action cantonal « Avenir de la viticulture vaudoise » [2]. Il a également octroyé une subvention de 910 000 CHF à l'Office des vins vaudois pour soutenir la promotion du secteur sur la période 2025 et le premier semestre 2026 [2].

Le cadre fédéral : l'OAS modifiée dès le 1er janvier 2026

La modification de l'OAS, adoptée le 25 février 2026, est entrée en vigueur avec effet rétroactif au 1er janvier 2026 [1]. Le programme est limité à deux ans, soit 2026 et 2027 [1].

Les conditions principales à respecter pour bénéficier du soutien fédéral sont les suivantes :

  • Surface minimale arrachée : 2 500 m² par exploitation et par année [1]. Les surfaces ne doivent pas nécessairement être attenantes.
  • Interdiction de replanter : les surfaces arrachées ne pourront pas être replantées pour de la production vinicole pendant une durée de 10 ans [1]. Si la parcelle est replantée et mise en production vinicole avant l'échéance, les aides doivent être restituées au prorata temporis [1].
  • Plafond financier : les aides à l'arrachage sont plafonnées à 30 000 CHF par exploitation et par année, en fonction des disponibilités budgétaires [1].
  • Exclusion des zones à bâtir : les vignes situées dans la zone à bâtir ne sont pas soutenues [1].
  • Fenêtre d'arrachage : l'arrachage doit intervenir pendant le repos végétatif, soit entre le 31 octobre et le 30 avril [1].
  • Bail minimum : le requérant qui n'est pas propriétaire des vignes doit être titulaire d'un contrat de bail avec une durée résiduelle minimale de dix ans [1].

L'exploitation bénéficiaire doit par ailleurs être reconnue au sens de l'ordonnance fédérale sur la terminologie agricole (OTerm) et représenter une charge de travail d'au moins 1 UMOS (unité de main-d'œuvre standard) [1].

Comment est calculée l'aide ? Le rôle de la pente

Conformément à l'annexe 6 de l'OAS, le soutien dépend de la pente moyenne de la parcelle [1]. Plus la parcelle est pentue, plus le montant de l'aide est élevé — ce qui est particulièrement pertinent pour les domaines valaisans ou neuchâtelois en terrasses.

En Valais, le dispositif est précisé par la Loi cantonale sur l'agriculture (LcAgr) : la contribution cantonale est équivalente à la contribution fédérale de base, et la commune participe à hauteur de 25 % de la part cantonale [1]. La contribution fédérale complémentaire, elle, n'est pas cofinancée par le canton [1].

Pour déterminer la pente officielle de vos parcelles, une carte des pentes est mise à disposition par la Confédération. Vous pouvez y retrouver une parcelle à l'aide de son numéro et de la commune.

À noter : aucun droit de production n'est attribué pour la parcelle bénéficiaire pendant la durée du délai. En revanche, elle pourra être déclarée aux paiements directs comme surface de promotion de la biodiversité, ce qui ouvre des possibilités de valorisation alternative [1].

Procédure de demande : ne tardez pas

L'arrachage doit intervenir pendant le repos végétatif, soit entre le 31 octobre et le 30 avril, ce qui impose une planification rigoureuse. En Valais, la procédure est la suivante :

  • Télécharger le formulaire de demande disponible sur le site de la SCA (Service cantonal de l'agriculture).
  • Compléter le formulaire et l'Annexe A.
  • Transmettre les documents par courriel à l'Office de la vigne et du vin : elia.gabrieli@admin.vs.ch ou sca-ovvin@admin.vs.ch.

Pour les autres cantons, il convient de se rapprocher des services cantonaux compétents.

Un guide pratique intitulé « Arrachage et valorisation d'anciennes surfaces viticoles » est également disponible en téléchargement sur le site de la SCA valaisanne. Il présente les nombreuses possibilités d'entretien et de valorisation des parcelles après arrachage.

Ce dispositif est-il fait pour votre domaine ?

Avant de déposer une demande, posez-vous les bonnes questions :

  • Votre exploitation est-elle éligible ? Vérifiez que vous atteignez le seuil d'1 UMOS et que vos parcelles ne sont pas en zone à bâtir [1].
  • La surface à arracher est-elle suffisante ? Le minimum est de 2 500 m² par exploitation et par année.
  • Quelles sont vos perspectives de marché ? L'arrachage est une décision irréversible à l'échelle d'une décennie. La combinaison avec la promotion (comme la subvention vaudoise de 910 000 CHF à l'Office des vins vaudois) ou une reconversion en surface de biodiversité peut offrir une issue plus équilibrée qu'un simple retrait de production [2].
  • Votre bail vous le permet-il ? Si vous n'êtes pas propriétaire, une durée résiduelle minimale de dix ans est exigée sur le contrat de bail [1].

Constituez votre dossier et transmettez-le à votre service cantonal sans attendre pour être prêt avant la prochaine fenêtre d'arrachage.

Gérer l'après-arrachage avec les bons outils

Qu'il s'agisse de mettre à jour votre cadastre viticole, de suivre vos acquits de vendange sur les parcelles restantes ou de piloter la conformité réglementaire de votre cave, la période de crise exige une gestion plus rigoureuse que jamais. Cepaos vous permet de centraliser le suivi de vos parcelles et blocs de vigne, d'enregistrer les apports de vendange avec traçabilité lot par lot, de tenir votre comptabilité de cave et d'assurer la conformité réglementaire par pays.

Prenez le temps d'analyser votre situation avant la prochaine fenêtre d'arrachage — et si vous souhaitez découvrir comment Cepaos peut accompagner votre domaine dans cette période de transition, contactez-nous.

Sources

  1. Aides à l’arrachage - SCA - vs.ch — SCA, consulté le 14 octobre 2026. https://www.vs.ch/web/sca/aides-arrachage
  2. Séance du Conseil d'Etat du 18 mars 2026 | État de Vaud — vd.ch, publié le 210 days ago. https://www.vd.ch/actualites/decisions-du-conseil-detat/seance-du-conseil-detat/seance/1032973

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