L'AOC Genève est régie par le Règlement sur la vigne et les vins (RVV, rsGE M 2 50.05), qui fixe pour chaque cépage deux verrous : un rendement maximal en kg/m² et une teneur minimale en sucre en °Oechslé. Un lot qui franchit l'un des deux ne peut pas revendiquer l'appellation. Voici les valeurs, telles que publiées — et comment les surveiller pendant la vendange plutôt que de les découvrir après.
Les valeurs de l'AOC Genève (RVV, art. 60-61)
| Cépage | kg/m² max | °Oechslé min |
|---|---|---|
| Chasselas | 1,2 | 61,9 |
| Riesling-Sylvaner | 1,2 | 65,4 |
| Gamay | 1,1 | 69,7 |
| Dornfelder / Dunkelfelder / Galotta | 1,0 | 70,6 |
| Autres cépages blancs | 1,0 | 72,3 |
| Autres cépages rouges | 1,0 | 75,0 |
Pour les mousseux AOC Genève, le RVV admet des rendements plus élevés à sondage plus bas : 1,4 kg/m² à 61,9 °Oe pour les blancs, 1,2 kg/m² à 69,7 °Oe pour les rouges (art. 60-61, catégorie mousseux).
L'AOC Premier cru : moins de kilos, plus de sucre
L'échelon supérieur genevois durcit les deux verrous (RVV, art. 54-55) :
| Catégorie | kg/m² max | °Oechslé min |
|---|---|---|
| Premier cru — Chasselas / Riesling-Sylvaner | 1,0 | 72,3 |
| Premier cru — Gamay / autres cépages | 0,9 | 82,0–83,8 |
La logique est celle de toutes les pyramides d'appellation : la mention se mérite à la parcelle, pas à la cave. C'est à la réception de la vendange que le sort du lot se joue.
La zone franche : des vignes françaises, un vin genevois
Genève est un cas unique en Suisse : l'aire géographique de l'AOC inclut des communes françaises de la zone franche (traités de 1815/1816). Le cadre est fixé par la RS 916.140 art. 57 et le RVV art. 57/57A :
- Communes éligibles : Challex et Ferney-Voltaire en totalité ; parties d'Ornex, Chens-sur-Léman, Veigy-Foncenex, Saint-Julien-en-Genevois et Viry.
- Superficie maximale en sol français : 140 ha (RVV art. 57A let. b).
- Condition absolue : la vinification doit avoir lieu en Suisse.
Pour l'exploitant, cela signifie tenir des parcelles sous deux régimes dans une seule comptabilité — un cas que Cepaos modélise nativement (région AOC par parcelle, origine par lot).
Ce que le canton recoupe
Le contrôle officiel de la vendange genevois croise trois jeux de données : les acquits émis depuis le cadastre viticole (le cupo de kg autorisé par parcelle et par appellation), les apports enregistrés à la réception (cépage, kg, sondage — RS 916.140 art. 29), et la déclaration d'encavage due au 30 novembre (RVV art. 75 al. 2 — voir notre guide encavage). Un lot au-delà de l'acquit ne peut pas recevoir la dénomination.
Surveiller les limites à la réception, pas en novembre
L'erreur classique : additionner les kilos par parcelle après la vendange, et découvrir qu'un cuvée a dépassé son rendement quand le vin est déjà assemblé. L'approche qui fonctionne est l'inverse :
- À chaque apport, comparer les kilos cumulés de la parcelle à son plafond RVV et le sondage au minimum du cépage.
- Avertir immédiatement — pas bloquer : le classement relève du canton, pas du logiciel.
- Tracer l'origine de chaque lot (parcelle, commune, régime suisse ou zone franche) pour que la déclaration d'encavage et un éventuel audit de label se préparent en export, pas en reconstruction.
C'est exactement ce que fait Cepaos pour les domaines genevois : réception de vendange avec contrôle des limites cantonales en avertissement, registre de cave fédéral, déclaration d'encavage pré-remplie depuis les mêmes apports. Le détail complet est dans notre page Conformité AOC Genève, et vous pouvez créer votre compte avec vos propres parcelles.
Sources
- Règlement sur la vigne et les vins de Genève (RVV, rsGE M 2 50.05), art. 54-55, 57-57A, 60-61, 75 — silgeneve.ch (vérifié 2026-09-09).
- Ordonnance sur le vin (OVin, RS 916.140), art. 4 (cadastre), art. 29 (contrôle de la vendange), art. 57 (zone franche).
- OFAG — cadastre viticole et acquits, blw.admin.ch/fr/cadastre-viticole (vérifié 2026-09-09).