Le cuivre est le paradoxe de la viticulture biologique : c'est le fongicide qui rend le bio possible contre le mildiou — et c'est un métal qui s'accumule dans les sols. Bio Suisse a tranché avec des limites plus strictes que l'ordonnance bio, et c'est l'un des points que l'organisme de certification vérifie chaque année dans les domaines Bourgeon.
Voici ce que le cahier des charges exige exactement, et comment tenir le compte sans tableur de fin de saison.
Les chiffres du cahier des charges
Le Cahier des charges Bio Suisse (Partie II, « Réglementation pour le cuivre », état au 01/01/2026) fixe pour la viticulture :
| Règle | Valeur |
|---|---|
| Moyenne sur l'ensemble de la surface viticole de la ferme | 3 kg Cu/ha/an |
| Quantité maximale pour des parcelles individuelles | 4 kg Cu/ha/an |
| Période de bilan admise | 5 ans |
| Au-delà de 4 kg/ha/an | Déclaration obligatoire à l'organisme de certification |
Ces valeurs s'entendent en cuivre métal (cuivre pur) par hectare de surface traitée et par année. La règle est en vigueur depuis 2022 ; la Liste des intrants du FiBL (édition Suisse) la confirme dans sa table des limitations des produits cupriques, qui mentionne aussi le plafond absolu par parcelle et par année découlant de l'ordonnance bio.
Deux nuances importantes, souvent perdues dans les résumés :
- Ce sont des moyennes avec bilan pluriannuel. Dépasser 3 kg une année de forte pression n'est pas en soi une infraction si le bilan de 5 ans compense. Le jugement appartient à l'organisme de certification, pas au logiciel — raison pour laquelle un bon outil avertit sans bloquer.
- Le seuil de déclaration est distinct du seuil de conformité. Au-delà de 4 kg/ha/an sur une parcelle, la déclaration à l'organisme de certification est obligatoire — c'est une obligation de transparence, pas automatiquement un refus.
Le piège du « kilo de produit »
L'erreur classique du cumul de cuivre tenu à la main : additionner des kilos de produit commercial au lieu de kilos de cuivre métal.
Un hydroxyde de cuivre dosé à 25 % de Cu, une bouillie bordelaise à 20 %, un oxychlorure à 50 % : trois kilos de produit ne représentent pas le même cuivre. La teneur en cuivre métal de chaque produit homologué en Suisse figure dans la Liste des intrants du FiBL (fiche par fiche, avec le numéro d'homologation W), et c'est cette teneur qui compte pour le cahier des charges.
C'est pourquoi Cepaos embarque un registre de produits cupriques dont les teneurs en Cu sont vérifiées sur la Liste des intrants FiBL — et exclut du calcul, avec un avertissement, tout produit dont la teneur n'est pas vérifiée, plutôt que d'inventer un pourcentage.
Tenir le cumul depuis le registre, pas en fin de saison
La donnée de base existe déjà dans tout domaine sérieux : le registre des applications phytosanitaires (produit, dose, date, parcelle). Le cumul de cuivre n'est qu'une projection de ce registre :
- chaque application d'un produit cuprique est convertie en grammes de cuivre métal via la teneur FiBL ;
- le cumul par parcelle est comparé au plafond parcellaire (4 kg/ha/an) ;
- la moyenne pondérée sur la surface viticole totale est comparée aux 3 kg/ha/an ;
- tout dépassement s'affiche comme avertissement — avec le rappel explicite que le bilan de 5 ans peut compenser et que seul l'organisme de certification juge.
Arrivé au contrôle annuel de bio.inspecta ou ProCert, le cumul n'est plus un exercice de reconstruction : c'est un export.
Et au-delà du cuivre ?
Le cuivre n'est qu'une ligne du cahier des charges Bourgeon. Le contrôle annuel couvre aussi la globalité de l'exploitation, l'interdiction des phytosanitaires de synthèse, les surfaces de promotion de la biodiversité (≥ 7 %), la vinification restreinte et la reconversion. Nous avons résumé l'ensemble — exigence par exigence, relié aux registres qui servent de preuve — dans notre guide Certification Bio Suisse (Bourgeon).
À noter enfin que la réduction du cuivre est aussi une trajectoire d'encépagement : les cépages robustes (piwis) permettent, selon les cépages et les sites, des stratégies à faible cuivre voire sans cuivre — un mouvement que Bio Suisse encourage explicitement.
Si votre cumul de cuivre vit aujourd'hui dans un tableur de novembre, il vit trop tard. Dans Cepaos, il vit dans le registre des applications — là où il naît. Créez votre compte pour y saisir vos parcelles et vos produits, ou parcourez la conformité suisse complète.
Sources
- Cahier des charges Bio Suisse pour la production, la transformation et le commerce des produits Bourgeon, Partie II, « Réglementation pour le cuivre » — bio-suisse.ch (état 01/01/2026, vérifié le 2026-09-08 et re-vérifié le 2026-09-09).
- FiBL, Liste des intrants (édition Suisse), « Limitations des quantités pour les produits cupriques » et fiches produits cupriques — fibl.org (édition 2026, vérifiée le 2026-09-08).
- Bioactualités (FiBL/Bio Suisse), « Nouvelle directive en vigueur pour le cuivre » (règle des 3 kg depuis 2022) — bioactualites.ch (vérifié le 2026-09-09).